Le jeu d’horreur semble bien être le genre qui vaut la peine pour les joueurs en quête de sensation forte ; par delà les standards qu’ont pu apporter les quelconques slasher movies et films d’horreur en tout genre. Entre un récent hit appelé Phasmophobia, ou encore les promesses dantesques que peuvent apporter le prochain jeu de Capcom: Resident Evil Village, les films interactifs veulent amener leur pierre à l’édifice. C’est la promesse que fait le studio de Super Massive Games. En seulement quelques temps, le studio de production vidéoludique anglais est devenu aux côtés de Quantic Dream (le papa de Detroit Become Human) le pionnier de ce genre si particulier. A coup d’acteurs connus et de gros budgets, les effets du genre du film interactif prennent forme,  et de plus en plus de joueurs veulent tester ce concept. Dark Pictures Anthology en est un de concept : le but est de faire connaître l’horreur par une méthode de narration assez originale. Courte mais  prometteuse, la nouvelle aventure des développeurs de Super Massive Games donne de l’espoir : on vous présente Little Hope. 

Un esprit Salem dans l’air

Comme dans le précédent jeu de la Dark Pictures Anthology, : Man of Medan, ce Little Hope s’ouvre sur le conservateur de musées, personnage devenu l’emblème du jeu, annonçant ce qui se prépare pour les joueurs pendant les 4-5 prochaines heures de gameplay. Ce vieil homme qui paraît comme le personnage omniscient de l’histoire semble prendre une certaine satisfaction à narrer l’histoire sordide qui va s’enchaîner. Un groupe de quatre étudiants accompagnés de leur professeur se retrouvent emprisonnés dans l’immense brouillard de Little Hope après un accident de bus. Little Hope est tout simplement le nom d’un vieux village, abandonné et marqué par des drames du passé, dont un XVIIe siècle mouvementé par une chasse aux sorcières qui n’est pas sans rappeler celle d’une certaine Salem à la même période.

Un suspens oppressant jusqu’à l’apothéose

Pour que le jeu soit le plus authentique possible, les développeurs britanniques ont joué avec les représentations de la sorcellerie pendant le temps des colonies. Aspect assez fascinant sur le papier, on en découvre les détails en arpentant le musée de la ville et les vestiges de l’époque, inanimés, qu’en revivant certains épisodes de la fin du XVIIe siècle, parfois déstabilisants avec les jump scares, décrivant les peurs  et  chemins terribles sur lesquels elles peuvent mener. Le tout produisant une fiction efficace et parsemée d’hommages, comme au classique film d’horreur Blair Witch Project ou The Witch de Robert Eggers. L’hommage sert le scénario, certes, mais n’en fait pas tout un plat car ce n’est pas le but premier des développeurs. L’objectif reste de donner une expérience vidéoludique réussie.

Little Hope a un but : laisser le temps au joueur de s’imprégner de l’ambiance, des silences, des rues étroites, des maisons délabrées, des églises glauques…jusqu’à l’apothéose digne des films d’horreur classiques. Plusieurs secrets entourent l’histoire et font questionner les joueurs : les drames sont-ils liés ? pourquoi a-t-on des flashbacks ? Les cinq protagonistes de l’histoire sont présents pour répondre à ces différentes questions. Chaque personnage résonne à sa manière et peut différer autant le présent que le futur ou bien le passé. Une vraie densité à ces personnages est à saluer, et s’éloigne des différents clichés que l’on peut retrouver dans divers médias horrifiques.

 

Une histoire d’horreur ravivant l’esprit des joueurs

En dehors de l’histoire, on cherche le jeu et son gameplay non ?  Au bon souvenir de celui qui tient la souris et le clavier lorsqu’il faut réussir les Quick Time Events (séquences de boutons à reproduire dans un temps imparti) et de la recherche des petits indices, le joueur est complètement emporté dans l’atmosphère oppressant de Little Hope. On fait face à invitation constante à explorer, à fouiller dans les moindres coins pour trouver toutes les clés de la survie ainsi que d’une intrigue qui est bien plus complexe que ce que l’on peut imaginer. C’est aussi un voyage que l’on peut faire à plusieurs; le jeu proposant divers façons de jouer et de faire durer le plaisir avec ses compagnons ou amis. Le jeu construit sa rejouabilité sur tous les supports : autant sur le plan scénaristique que ludique. L’appel à rejouer pour réussir ou tenter de sauver tous les personnages est fort ; d’autant plus que le jeu reste quand même assez court pour ainsi laisser le joueur profiter de tous les chemins possibles. L’esprit des joueurs semble raviver par ses sensations de peur, et le jeu va droit au but.

Le jeu horrifique semble ne pas être mis de côté et essaie ainsi tant bien que mal de se renouveler, grâce à des développeurs qui redoublent d’efforts pour enrichir ce genre iconique du monde vidéoludique.