Qui n’a jamais croisé la route du fameux body vert outrageusement échancré de Cammy ou du six-pack luisant de Bayek dans Assassin’s Creed Origins ?

Tout est une question de physique finalement. C’est ce que les développeurs ont très bien compris. Comme expliqué dans un précédent article, les corps hypersexualisés font vendre. Alors autant mettre l’eau à la bouche en dessinant des personnages au physique parfait non ? Un rapide sondage sur les réseaux sociaux révèle la sexualisation qui accable les personnages de jeux vidéo. Les premiers à en faire les frais sont les femmes. Lorsque l’on demande aux internautes ce qu’ils pensent du personnage de Catwoman ou de Honoka dans DOA, les adjectifs qui ressortent le plus sont “ bonne ”, “ sexy ” et même “ hentai ”. Alors en exclusivité sur Acta Gamer on vous offre la recette graphique d’un personnage gaming qui apporte à coup sûr, un maximum de vente :

– Pour les filles il vous faut : une taille de guêpe, des cheveux longs et soyeux, un visage angélique, d’énormes seins et un fessier rebondi.

– Pour les hommes vous devrez tout miser sur la musculature et le côté bad-boy de votre personnage. Inspirez-vous du célèbre super saiyan Goku par exemple. Un homme qui mange toute la journée sans prendre un gramme de graisse. Cela ne vous fait pas rêver ? Mais peut-être devrions-nous aborder le sujet sous un autre angle. La question à se poser serait plutôt : est-ce que cela ne vous fait pas culpabiliser ?

 

 

Les jeux vidéo sont accusés de tous les maux de la société. Violence, sexisme, hypersexualisation des femmes.. Il faut dire que le design de certains personnages est sujet à débat. Par exemple, le jeu de stratégie en équipe League Of Legends propose un panel de champions très large. Il y en a pour tous les goûts. Mais à y regarder de plus près, le graphisme des personnages dérange. Il est possible de ranger les combattantes dans trois catégories : les enfants, les tentatrices et les garçons-manqués. Il suffit de comparer le physique du démon Evelynn avec celui de la prophétesse Illaoi. Dans sa description, le second personnage est réduit à sa “ stature colossale ”, très masculine. Tandis que pour le premier, il est question de “ luxure ” ou de “ femme voluptueuse ”. Qui l’eut cru : Illaoi fait même l’objet de bodyshaming sur les réseaux sociaux.

 

 

Les personnages masculins ne sont pas épargnés pour autant

Si pour les personnages féminins il est question de sexe et de tentation, du côté des hommes la tendance est diamétralement opposée. Beaucoup de personnages masculins affichent des corps stéroïdés. Ce constat est valable aussi bien pour les champions humains que pour ceux d’origine animale. Sans compter leurs armes disproportionnées et la ” virilité ” qui transpire de leur corps. Et pour cause, Darius est décrit comme “ le plus grand symbole de la puissance de Noxus ”. (Il faut dire qu’il n’a pas l’air commode avec son énorme hache entre les mains.) Son comparse Braum quant à lui, est “ doté de biceps énormes ” d’après sa biographie. Est-ce qu’il était nécessaire de mettre l’accent là dessus ? Que les fans du personnage se rassurent, son cœur est “ plus grand encore ”. Au moins ça.

Avec l’avènement des mouvements féministes, les corps sont un peu moins exagérés aujourd’hui. Une très lente prise de conscience a lieu. Mais les diktats dépassés de beauté restent encore fermement ancrés dans l’esprit des gameurs.euses. Dernier exemple en date : le design d’Abby, l’héroïne du jeu The Last Of Us Part II, a créé une vague d’indignation. Sa musculature a été jugée trop imposante par la communauté. Trop imposante pour une femme apparemment. Peut-être que s’il avait été question d’un homme, il n’y aurait pas eu autant de commentaires négatifs ?

 

 

Cet affront des joueurs ne stoppe pas l’arrivée de femmes de plus en plus badass sur la scène gaming. À ce titre, Assassin’s Creed Origins donne l’occasion d’incarner Aya, la femme de Bayek de Siwa. Dans le jeu, elle intègre la Confrérie des Assassins sous le nom d’Amunet, déesse égyptienne de l’air et de l’invisibilité. Elle établit aussi un bureau à Rome et devient même Mentor, c’est-à-dire guide pour toute une génération d’assassins. Le jeu est même accompagné d’un petit guide-cosplay dédié au personnage d’Aya.
Autre exemple : Aloy, personnage principal d’Horizon Zero Dawn. Cette héroïne a un caractère bien trempé justifié par son passé houleux au sein de sa tribu. De paria, Aloy finit par devenir une guerrière reconnue. Pas besoin de présentation, sa réputation la précède de loin. Élevée par son père adoptif, la jeune femme s’affranchit des traditions de son clan pour se forger un âme combattive redoutable.
Le fond et la forme du personnage ont été salués par la critique. Elle mérite selon certains de figurer au panthéon des personnages féminins iconiques, aux côtés de Lara Croft. Pourquoi pas ? Se battre contre des animaux robotiques géants avec un arc et des flèches, ce n’est pas suffisamment badass pour vous ?