À quand un jeu vidéo qui ne se contente pas de reléguer la femme au second plan ou d’incarner la femme-objet qui a besoin d’être sauvée par un chevalier servant ?

Au début de l’histoire des jeux vidéo, c’est-à-dire milieu années 80, les personnages féminins n’étaient que des personnages annexes. Il n’était pas question qu’une femme puisse tenir le rôle principal d’un jeu. Au contraire, elles incarnaient quasi systématiquement une demoiselle en détresse. La plus connue étant la Princesse Peach. Vous savez, cette jolie et candide tête blonde (à la limite de l’idiotie) qui n’a de cesse de se faire enlever par Bowser, ce méchant dragon mi-tortue mi-dinosaure. Mais Super Mario n’est pas le seul jeu où la quête principale consiste à sauver une femme des griffes d’un méchant. Le concept est similaire du côté de The Legend of Zelda ou encore Prince of Persia.

À l’époque, quelques jeux faisaient exception à la règle comme par exemple Metroid qui mettait en avant Samus, une chasseuse de prime intergalactique. Mais ils ne représentaient qu’une infime partie des jeux proposés. Il faudra attendre l’iconique Lara Croft pour que les jeux vidéo commencent à mettre en avant les femmes. Et il faudra patienter longtemps. En effet, le premier Tomb Raider est sorti en 1996. Ce nouveau personnage aux formes plus que plantureuses a fait un carton dès sa sortie. Des posters, des figurines, et deux adaptations cinématographiques en ont découlé. Le Guinness des records a même reconnu Lara Croft comme étant « l’héroïne humaine de jeux vidéo la plus couronnée de succès », en 2017. Ce séisme dans l’industrie du gaming est dû essentiellement aux formes généreuses qu’elle affichait. Les développeurs l’ont bien compris : le sexe fait vendre.

” Rendre les filles le plus attractif possible “

Dans le second volet du jeu, la poitrine de l’aventurière a presque doublé de volume. Mais ce ne sont pas les seuls à avoir compris le mécanisme. D’autres personnages féminins sont alors créés, plus sexy que jamais. On peut prendre l’exemple du jeu de combat Dead or Alive où des femmes peu vêtues, voire même en maillot de bain, se battent. Ce filon est devenu d’ailleurs la marque de fabrique de la saga : le but étant de “rendre les filles le plus attractif possible” selon Yosuke Hayashi, patron du studio de développement Koei Tecmo. Ainsi, dans l’épisode dérivé Dead or Alive Xtreme Beach Volleyball les combattantes se parent de leurs plus beaux atouts pour quelques matchs de volley. Il est donc possible d’incarner Kasumi ou Hayane à moitié nue, avec une taille marquée, des jambes interminables, et des énormes seins qui frétillent au moindre mouvement.

Heureusement, d’autres jeux n’ont pas qu’un physique à proposer. Des personnages féminins secondaires ont pu passer au rang de personnage principal dont la fameuse Princesse Peach dont il est question plus haut. En 2006, Nitendo a proposé le jeu sur DS “Super Princesse Peach”, qui fait suite au tout premier game watch Princesse Toadstool’s Castle Run sorti en 1990. La sortie de la Nitendo DS a été libérateur sur le plan de la femme. De nouveaux personnages principaux féminins font leur apparition. Cooking Mama en tête de liste, suivie de près par la saga Léa passion. Même si le rôle qu’elles tiennent reste discutable (cuisine, mode, mariage, beauté, bébé), les développeurs mettent de plus en plus en avant des femmes. Fini les simples objets de quête, les héroïnes se font une vraie place dans l’univers du jeu vidéo.

Cette évolution est très importante puisqu’il s’avère que la moitié des joueurs représente des joueuses. Cela permet aux gameuses de s’identifier plus facilement à leur personnage. Une prise de conscience de la part des concepteurs devenait donc nécessaire. Même si, au niveau du marketing, il reste encore pas mal de chemin à faire.