Le cinéma et le jeu vidéo ont été considérés dans un temps comme le début d’un avènement de nouveaux arts du monde. 

De temps en temps, ces deux arts peuvent se rassembler, donnant ainsi un hybride, ce que l’on appelle plus communément le film interactif, genre vidéoludique d’aventure. Super Massive Games, Quantic Dream, Telltale Games..ces plusieurs développeurs d’aujourd’hui ont tenté d’apporter leur pierre à l’édifice sur ce genre si particulier. Nous avons retrouvé Arthur, 23 ans, de la chaîne du Grimoire d’Arthur, influenceur spécialisé dans le cinéma comptabilisant plus de 50 000 fidèles sur sa chaîne Youtube. Il a décidé de s’entretenir avec nous sur ce sujet si particulier qui relie ces deux arts que tout semble opposer.

Selon vous, le cinéma et le jeu vidéo sont-ils des arts que l’on arrive aujourd’hui à bien corréler correctement entre elles ? Des univers étroitement parallèles ?

Arthur : Oui et non. En matière d’adaptation, je ne semble pas avoir vu d’adaptations de jeux-vidéo au cinéma réussies. A l’inverse, je trouve que le jeu vidéo arrive à s’approprier les codes du cinéma. On arrive bien à les transmettre mais l’inverse n’est à mon sens pas possible.

Plusieurs personnes ou vidéastes critiquent la tendance à vouloir rendre un aspect cinématographique à certains jeux. Cela briserait par moment le “plaisir” de l’interactivité et le sens même de jouer à un jeu vidéo. Ces personnes ont-elles raison ?

Arthur : Je suis un peu d’accord dans le sens où cela m’est arrivé quelques fois de ne plus avoir l’impression de jouer. Mais après, ce n’est pas incompatible. L’aspect cinématographique d’un jeu n’a pas à être refusé. Je pense au jeu de Rockstar Games “Red Dead Redemption 2”. Mais l’inverse existe aussi avec par exemple “The Witcher III”, où je me disais qu’il y avait beaucoup plus de cinématiques que de phases de jeu. Cela peut briser le plaisir mais cela ne veut pas dire qu’il faut éviter ce genre. Les jeux des développeurs de “Naughty Dog” (comme la saga “Uncharted”) m’ont fait vraiment apprécier le côté cinématographique d’un jeu : l’histoire, les personnages et la mise en scène sont toujours touchantes ou impressionnantes.

Doit-on alors cesser de diaboliser certains jeux comme ceux de Quantic Dream (Detroit) ou encore Supermassive Games (Until Dawn), qui laissent une place majeure à l’aspect cinématographique dans la conception de leurs jeux ?

Arthur : Non. Il ne faut pas les diaboliser. C’est juste une expérience différente. Pour prendre l’exemple de “Detroit Become Human”, c’est un super cas. C’est un jeu qui te fait poser des questions, et tu apportes des réponses en décidant. En terme de gameplay, le style est différent et je peux comprendre les gens qui peuvent le détester.

Auriez-vous de bons exemples de jeux qui arrivent à corréler les deux arts ? Pourquoi eux ?

Arthur : “Detroit Become Human”. Le jeu a été vu comme une série de mon côté, et le mélange jeu-vidéo et cinéma est mieux respecté qu’une série interactive comme l’épisode Black Mirror Bandersnatch, qui était plus une expérience sociale. Mis à part Detroit, je citerai encore les jeux Naughty Dog comme “Uncharted” et “The Last of Us”. Dans le cinéma et le jeu-vidéo, il y a tellement de genres différents qu’on ne peut pas réussir à s’y retrouver. La direction artistique, le jeu des acteurs, l’animation, l’éclairage…On retrouve aussi plein de choses communes aux jeux-vidéo et au cinéma. Dans n’importe quel jeu vidéo, on voit un petit peu de cinéma. Selon moi, tous les jeux-vidéo arrivent à s’approprier une partie de cet art.

L’univers vidéoludique a-t-il le même poids que l’une des plus vieilles industries culturelles qu’est le cinéma ? Est-il en marge de devenir le numéro un à l’avenir ?

Arthur : Je dirai que non. C’est vraiment une question de point de vue. Il n’y a pas de question de” numéro un”. Ce sont juste deux branches différentes qui vont évoluer chacune de leur côté. Le jeu vidéo ne remplacera pas le cinéma mais à l’inverse, le jeu a quelque chose que le cinéma n’aura jamais. Ils sont tous les deux numéro 1 à leur manière. Ils se rassemblent beaucoup mais ne doivent pas être en compétition. Cela ne me dérange pas de voir un jeu-vidéo qui ressemble mais si il y a l’inverse, je n’ai pas envie d’en voir un.

 

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